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Ay yıldız : Histoire du drapeau turc

, par Samuel Touron

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La République turque fête, en cette année 2023, les 100 ans de son existence. ©Jorono, Pixabay
Le drapeau turc est peut-être le plus ancien des drapeaux européens et aussi, paradoxalement, celui dont la symbolique est sans doute la moins liée à l’histoire européenne. Remontant aux temps de la Babylone mésopotamienne, le croissant de lune et l’étoile ont compté parmi les premiers symboles utilisés par les sociétés humaines. L’origine du drapeau turc est ainsi difficile à déterminer mais c’est bien durant l’européanisation de la Turquie, sous la présidence de Mustafa Kemal Atatürk que « l’étendard rouge » devint le drapeau officiel, non pas de la Turquie, mais des Turcs.
C’est en 1936 que la loi sur le drapeau turc est adoptée faisant de la bannière rouge frappée du croissant de lune et de l’étoile à cinq branches, le drapeau officiel de la République de Turquie. C’est donc dans la Turquie kémaliste, nationaliste, éprise du modèle d’Etat-nation rationaliste occidental que le drapeau turc devint officiellement celui de la Turquie. Cependant, si c’est la Turquie kémaliste qui a donné ses dimensions et son format exact au drapeau turc, celle-ci a repris la bannière ottomane et donc les symboles de l’islam, religion dont l’Empire ottoman fut certes au cours de son existence, la gardienne, mais que le « Père des Turcs » avait honni dans son programme politique. Alors, comment expliquer cette pérennité du drapeau turc alors même que l’alphabet arabe lui-même n’a pas résisté aux grandes réformes kémalistes ?

Un symbole de l’Islam ?

Le drapeau de la Turquie porte en son centre deux symboles de l’Islam : le croissant de lune et l’étoile à cinq branches évoquant les cinq piliers de l’Islam : le pèlerinage à la Mecque, la prière, la foi, le ramadan et l’aumône. Le croissant représente pour sa part la communauté des croyants et leur unité. Il s’agit donc d’un drapeau profondément ancré dans la tradition islamique, héritier de l’Empire Ottoman et de ses différents étendards, également frappés du croissant de lune et souvent, de l’étoile à cinq branches mais tantôt à fond rouge tantôt à fond vert. Cette dernière étant la couleur de l’Islam et de la Roumélie soit la partie européenne de l’Empire, étymologiquement « où vivent les Romains ». Surprenant donc que Mustafa Kemal, père de la Turquie moderne et de la laïcité turque ait fait officialiser comme « drapeau des Turcs » un symbole de l’islam hériter de l’Empire Ottoman. En réalité, ce choix s’explique par une raison simple : l’attachement des Turcs à leur drapeau et la reconnaissance de celui-ci à l’international comme symbole de la Turquie. Le drapeau est sans doute le plus fort symbole de la nation, celui derrière lequel elle se rassemble à chaque manifestation, derrière chaque cause. Changer un drapeau relève d’une complexité très grande et est un facteur d’affaiblissement de l’unité nationale – ce qui peut mettre en péril le pouvoir politique – et le soft power d’un Etat, d’autant plus lorsque celui-ci est en construction. Plus que le drapeau de la Turquie, l’étendard rouge frappé du croissant de lune et de l’étoile à cinq branches est bien le drapeau des Turcs. Or, ce que veut précisément Mustafa Kemal Atatürk c’est faire émerger une nation, un peuple turc, « Türkiye » : le pays des Turcs. Et cela, au sein d’un Empire profondément multiethnique, n’a rien d’une évidence.

D’un étendard de l’Islam à celui d’une nation

Plutôt que de changer le drapeau d’une nation en construction, Mustafa Kemal Atatürk fit ainsi le pari de faire de l’étendard de l’Islam qu’était le drapeau ottoman, celui de la nation turque. Tout d’abord, la symbolique du croissant et de l’étoile à cinq branches est antérieure à l’Islam, on trouve des traces de cette symbolique dans l’Egypte ancienne et surtout chez les premiers peuples turcs d’Asie centrale et orientale qui marquaient leur bétail ainsi et identifiaient donc leur clan. Le croissant de lune et l’étoile à cinq branches sont également les symboles de l’Empire Byzantin : le croissant évoque la déesse Artémis tandis que l’étoile représente la Vierge Marie. Reprendre les symboles de l’Empire Byzantin c’est en devenir l’héritier c’est devenir le successeur légitime de l’Empire Romain d’Orient. La légende veut d’ailleurs que le premier empereur ottoman aurait vu apparaître sur son torse un croissant de lune et une étoile à cinq branches présagent de la prise future de Constantinople. Mehmet II rapporta par ailleurs que la nuit du 29 mai 1453, une lune et une étoile à cinq branches lui seraient apparus dans le ciel. La couleur rouge trouve également une signification : le sang des guerriers Turcs tombés lors de la bataille de Manzikert face aux Byzantins, le chef seldjoukide Alp Arslan aurait alors vu se refléter dans le sang, un croissant de lune et une étoile à cinq branches. Cette symbolique s’inscrit ainsi parfaitement dans la construction d’un roman national turc à laquelle s’attelle Mustafa Kemal Atatürk : l’étendard de la nation turque trouve ses origines dans les étendards des premiers peuples turcs pré-islamiques et dans ceux de l’Empire Byzantin. Les Turcs modernes en sont les héritiers et leur étendard a traversé les siècles sans jamais changer. Le roman national turc se crée, le drapeau national y trouve une place centrale. On passe ainsi d’un drapeau symbole de l’Islam, à un véritable drapeau national. Au total, on passe de l’Empire ottoman – pré-national – à la République de Turquie – nationaliste.

Le drapeau du monde turc

Le drapeau de la Turquie a inspiré celui de nombre des Etats-nations dans lesquels les peuples turcs constituent une ethnie majoritaire (Turkménistan, Chypre du Nord, Azerbaïdjan) et anciennes possessions de l’Empire Ottoman (Algérie, Tunisie, Lybie). Il est aussi un marqueur identitaire pour les régions peuplées majoritairement de turcs et la diaspora (Turkestan oriental, Thrace occidentale, Aceh, Turkestan sud, Tatarstan, Communauté turque d’Allemagne etc…). Le drapeau de la Turquie est également un symbole arboré avec fierté par les Turcs du monde entier, symbole de ralliement à une nation parfois lointaine mais dont l’appartenance identitaire très forte traverse les générations. Le pari de Mustafa Kemal est une réussite, le drapeau de la Turquie est devenu celui des Turcs et le principal symbole d’une nation qu’il a construite dans la réforme et le sang. Est-ce dès lors un hasard si l’hymne de la Turquie, İstiklâl marşı (hymne de l’indépendance) débute ainsi : « N’aie pas peur, ce drapeau carmin flottant aux premières lueurs de l’aube ne s’éteindra jamais. Tant que la dernière cheminée de ma patrie ne s’éteindra. Il représente l’étoile de ma nation, qui scintillera. Il m’appartient, il n’appartient qu’à ma nation. » [1]

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Notes

[1Korkma ! Sönmez bu şafaklarda yüzen al sancak, Sönmeden yurdumun üstünde tüten en son ocak. O benim milletimin yıldızıdır, parlayacak ; O benimdir, o benim milletimindir ancak.

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