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Comprendre 2 ans de guerre en Ukraine en 5 cartes

, par Paul Brachet

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Il y a deux ans jour pour jour, le 24 février 2022, l’Ukraine était envahie massivement par l’armée russe. Aujourd’hui, les Ukrainiens sont encore en train de résister à l’invasion russe ; pourtant, l’Ukraine, la Russie et l’Europe ont, en deux ans, bien changé. Pour commémorer les deux ans de la guerre, nous vous proposons de revenir sur les défis de deux années de conflits à l’aide de cinq cartes.

La ligne de front

©Viewsridge, Wikicommons
En deux ans, la ligne de front a été changeante. Poutine a envoyé son armée en terre ukrainienne dans le but d’une conquête rapide et totale du pays. Un échec. La guerre s’est enlisée et s’est figée, au sol, dans le Sud-Est de l’Ukraine. En 2022, le conflit était une guerre de mouvement, les armées se sont affrontées et ont pris ou repris des centaines de kilomètres carrés de terrain. Deux ans plus tard, et depuis l’échec de la contre-offensive de juin dernier, le front est figé. Les soldats russes et ukrainiens s’affrontent dans des tranchées le long des 1000 kilomètres du front , avec pour seul horizon de gagner un village ou un hameau. En cela, la perte de Avdiivka, tombée aux mains des Russes, ne change pas la donne. Symbole fort, la perte de cette ville n’est pas stratégique, comme ne l’était la perte de Bakhmout. Malgré d’importantes pertes, notamment du côté russe, le front reste figé. À voir si le remplacement de Valeri Zaloujny par Oleksandr Syrsky à la tête de l’État major ukrainien changera quelque chose à la situation.

La langue ukrainienne

© Paul Brachet

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En 2022, l’ukrainien était déjà la langue officielle du pays. Toutefois, la langue a toujours été une question politique, notamment en ce qu’elle a permis une identité nationale différenciée du voisin russe. Néanmoins, l’usage du russe y resta très fréquent puisque un quart de la population, majoritairement au Sud-Est du pays, était russophone de naissance, tandis que le reste de la population était (pour la plupart) bilingue russo-ukrainien. Signe des tensions linguistiques internes à l’Ukraine, la loi interdisant l’égalité des langues ukrainienne et russe dans les oblasts méridionaux a pris cinq ans à être de jure appliquée. Après le 24 février 2022, nombres de bilingues ont refusé de parler de nouveau le russe, langue considérée comme celle de l’agresseur. En ce qui concerne les russophones, la plupart d’entre eux se sont éloignés de la langue russe pour apprendre et maîtriser l’ukrainien. Un phénomène d’autant plus perceptible chez les jeunes. Si l’usage de certaines langues régionales demeure toléré, comme le russe, le hongrois, le roumain, le tatar ou le grec, la part de locuteurs ukrainiens a largement augmenté depuis le début du conflit. Une situation dénoncé par Moscou comme un “génocide [du peuple russe par les autorités ukrainiennes]”. Aujourd’hui, Moscou a interdit l’usage de l’ukrainien, au profit du russe, dans les territoires occupés.

Le soutien de l’opinion européenne

© Paul Brachet

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En février 2022, des manifestations ont éclaté partout en Europe, et plus largement dans le monde, pour soutenir le peuple ukrainien et dénoncer l’agression russe. Depuis, une stagnation économique s’est couplée à l’inflation, la guerre s’est enlisée et les coûts du soutien à Kyiv se sont fait de plus en plus ressentir parmi le quotidien des Européens. À ces conditions s’est ajouté le cas du conflit à Gaza, dont le récit est venu concurrencer celui des Ukrainiens dans les médias occidentaux. À dire, au regard de ces éléments, que la fatigue du conflit est patente en Europe, il n’y a qu’un pas.

D’après plusieurs études simultanées, et notamment celle réalisée par le think tank Conseil européen des relations étrangères, un Européen sur dix considérerait que l’Ukraine ne peut gagner la guerre. Une évolution de l’opinion à rebours des actions gouvernementales européennes. En effet, en 2024, l’Union européenne (UE) est devenue le premier contributeur mondial aux efforts de guerre ukrainiens, dépassant pour la première fois les Etats-Unis davantage occupés par la situation au Proche-Orient. Alors que l’Ukraine demande plus d’effort dans l’aide apportée par les 27, une part importante de l’opinion publique européenne pense désormais que l’UE devrait amener Kyiv à négocier avec le Kremlin.

Une Europe transformée

En deux ans, la guerre en Ukraine a transformé l’Europe en profondeur. Les certitudes ont volé en éclats, poussant les Européens à revoir leur stratégie et leur politique en matière de politique étrangère.
© Paul Brachet

En ce qui concerne l’OTAN tout d’abord. En 2008, l’Allemagne et la France exprimaient un refus absolu d’accueillir l’Ukraine dans l’Alliance atlantique, cela dans une perspective d’apaisement avec la Russie. Aujourd’hui, la position des deux puissances européennes a radicalement changé : la question n’est plus “est-ce que l’Ukraine a sa place dans l’OTAN ?”, mais “quand est-ce qu’elle pourra y adhérer ?”. Un même changement est à observer en ce qui concerne les candidatures de la Géorgie ou, dans une moindre mesure, de la Bosnie. Un revirement est également à observer dans le nord de l’Europe. La Finlande et la Suède, qui appliquaient une politique de neutralité stricte entre les Etats-Unis et la Russie, ont changé leur fusil d’épaule. Suite à l’invasion russe de l’Ukraine, les deux Etats nordiques ont soumis leur candidature à l’OTAN. Si Helsinki a pu adhérer le 4 avril 2023, Stockholm attend encore alors que le Parlement hongrois vient à peine d’accepter de discuter de sa candidature. En 2019, Emmanuel Macron présentait l’OTAN comme une organisation en “état de mort cérébrale”, en 2023, le même présentait l’OTAN comme la meilleure “garantie de la sécurité [pour l’Europe]”.

© Paul Brachet

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Le conflit a également transformé l’Union. Le conflit est venu revigorer le sentiment d’unité chez les 27…et même au-delà. Depuis le début du conflit, les Européens sont à considérer l’Union européenne positivement. De même, ils sont à solliciter la création d’une défense commune aux Etats membres de l’UE. Une évolution géopolitique de l’Union inédite. Cette évolution se retrouve également dans les politiques européennes : que cela soit l’accéleration des procédures d’adhésion à l’UE (considérées comme des impératifs diplomatiques et politiques) ou dans le sans précedent volontarisme en matière de politique étrangère des institutions supranationales. Des politiques aussi bien soutenues au sein de l’Union qu’à ses confins. En effet, la guerre en Ukraine a été comme un électrochoc pour l’Europe. Ainsi, dans des pays qui, en 2021, n’envisageaient en aucun cas leur adhésion à l’Union européenne, les opinions publiques ont muté. Aujourd’hui, les Islandais, les Arméniens, ou même les Britanniques sont une majorité à vouloir rejoindre l’Union. De même, la plupart des Norvégiens souhaitent de leur adhésion à l’UE.

Les deux ans de guerre ont métamorphosé en profondeur les équilibres et les rapports de force en Europe. Si 2022 et 2023 ont permis à l’Ukraine de résister à la poussée russe et à l’Europe de lever certains de ses tabous, 2024 sera une année décisive. Les Ukrainiens devront continuer à lutter contre la Russie. Cela, alors que l’issue des élections américaines et européennes pourrait venir remettre en cause le soutien capital dont dépend la survie de l’Ukraine.
Notes

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