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Enseignement : la crise européenne des vocations

, par Henri Clavier

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Alors que l’été a été rythmé par les inquiétudes en matière de pénurie énergétique, les médias européens ont fait état d’une pénurie plus inhabituelle à l’approche des premiers jours de septembre : une pénurie d’enseignants. Un phénomène généralisé en germe depuis plusieurs années.
Fin août, les débuts de Pap Ndiaye se sont révélés périlleux. Pourtant, les difficultés françaises, même si elles se présentent sous l’une des formes les plus extrêmes, n’ont rien d’une spécificité. Cette pénurie européenne d’enseignants s’explique par plusieurs facteurs et tendances plus ou moins influençables par les politiques publiques.

Dégradation continue des conditions de travail

Partant du constat de la pénurie généralisée d’enseignants, on déduit aisément que le métier subit une crise des vocations, un défaut d’attractivité. Historiquement respectée, la profession d’enseignant n’attire plus et le nombre d’inscrits, en France, au concours du second degré a chuté de 30% en quinze ans. Ce chiffre entre directement en résonance avec le taux élevé de démissions chaque année. Il suffit enfin d’ajouter la donnée du vieillissement des enseignants (selon un rapport de l’OCDE de 2018, 38% des enseignants européens sont âgés de plus de 50 ans) pour appréhender l’ampleur du défi éducatif européen. L’enjeu est fondamental pour des pays comme l’Italie où le vieillissement de la population et le chômage des jeunes restent des préoccupations urgentes.

Au-delà de ces tendances, une myriade de facteurs affecte positivement ou négativement l’attractivité de la profession. Les conditions d’accès au métier, le soutien apporté aux débutants ou l’adéquation avec la formation initiale représentent des freins majeurs au recrutement. Les conditions générales de travail reviennent régulièrement comme le principal problème : 57% des enseignants européens pointaient le stress comme le motif principal du désamour qui frappe la profession. Une pression générée par des tâches administratives la plupart du temps, comme en Allemagne où le système éducatif décentralisé prévoit une forte autonomie des établissements, ou par une hiérarchie trop rigide. Les enseignants éprouvent aussi beaucoup de difficultés à suivre le rythme des réformes éducatives soit parce qu’elles sont trop politiques, soit parce qu’elles ne s’inscrivent pas dans la continuité d’une vision éducative stable.

La précarisation de la profession

Ce cercle vicieux accroît la précarisation des enseignants. Pour combler les pénuries, qui, rappelons le, sont extrêmement fréquentes depuis une dizaine d’années dans plusieurs États européens, le recours aux contractuels a considérablement augmenté. Ce recours massif peut mener à une inadéquation entre le personnel recruté et les matières enseignées ; en Suède, par exemple, en 2018, seulement 71 % des enseignants de primaire et de collège avaient les qualifications nécessaires. D’un point de vue français, le problème d’attractivité a souvent été imputé à la faible rémunération proposée (environ 1800 euros en début de carrière). Un constat exact au vu du salaire peu élevé des enseignants français notamment par rapport au nombre d’heures effectuées. Si le gouvernement français a promis d’atteindre le cap des 2000 euros net par mois en 2023 pour les enseignants en début de carrière, la mesure ne vise que les débutants ce qui implique une longue période de stagnation salariale dans la suite de leur carrière. Une concertation sur l’attractivité et la revalorisation du métier d’enseignant a été lancée le 26 octobre 2022. Pourtant, le niveau de rémunération n’est pas l’unique levier d’attractivité. Les Etats bénéficiant d’un haut niveau de rémunération connaissent eux aussi d’importantes difficultés de recrutement. Les pénuries d’enseignants touchent durement les Länder allemands comme la Nord-Rhénanie-Westphalie où, malgré un salaire brut mensuel moyen de 5013 euros, 4400 enseignants manquaient à la rentrée. Le cas du Portugal interroge également, car, en dépit d’une augmentation constante et régulière des salaires des enseignants, la profession reste peu prisée. La part de débutant est la plus faible de l’ensemble des pays de l’OCDE (3%) et près d’un tiers du corps enseignant devrait partir à la retraite d’ici 2030.

Une crise européenne des vocations

Nous avons contacté un jeune professeur de sciences économiques et sociales afin d’identifier les différents freins à l’accès à la profession. Bien avant les problèmes de rémunération, il pointe le déficit de reconnaissance qui touche les enseignants : “Un professeur titulaire du Capes doit assurer 18h par semaine de présence devant élève, auxquelles s’ajoutent le temps de préparation des cours qui est au moins aussi long ainsi que la veille permanente”. Les enseignants français travaillent souvent plus de 40 heures par semaine, bien loin des clichés sur leurs interminables vacances. “Il y a un véritable problème de reconnaissance sociale, que cela vienne des élèves, des parents ou de l’Education nationale elle-même. Dans l’opinion publique, on considère fréquemment que les enseignants ne travaillent pas assez ou qu’ils font de l’idéologie. Quand on a des responsables politiques qui disent que les professeurs font de la politique, on n’a pas envie de devenir professeur”. En 2018, moins de 10% des enseignants portugais, français, slovènes, slovaques, croates et belges estimaient que leur métier était valorisé par la société. Comprenons bien que le métier d’enseignant est très spécifique d’abord du fait de l’intensité des heures de cours dispensées, mais aussi par l’importante solitude dans l’exercice de la profession. La solitude peut tourner à l’isolement à cause des affectations géographiques. “Une camarade de ma promotion à Toulouse a fini quatrième du concours national, mais l’affectation est une véritable loterie qui l’a envoyée sur un poste mobile à Amiens. Coupée de son tissu social, elle a préféré démissionner”. De manière générale, les enseignants sont confrontés à une perte de sens du métier que cela soit dû à l’ampleur des tâches administratives comme en Allemagne ou à une augmentation continue du nombre d’élèves par classe. En plus de détourner les individus les plus déterminés, le désamour pour le métier d’enseignant génère aussi un recrutement de plus en plus inadéquat. Si le recours aux contractuels est absolument nécessaire, la généralisation n’est pas souhaitable et risque de recruter des enseignants n’ayant aucune formation pédagogique. Plus globalement, les Etats européens doivent opérer une réelle introspection de leurs systèmes éducatifs. La perte de sens dans l’exercice de ses fonctions décourage fortement les nouveaux entrants. Plusieurs pistes peuvent être explorées pour remédier à la crise européenne d’attractivité. Un premier levier est la revalorisation du service public de l’éducation d’une part par l’amélioration du traitement salarial, mais aussi par la revalorisation du statut social, cette démarche doit amener à interroger notre perception des services publics non pas comme uniquement des charges, mais bien comme des apports déterminants à la société dans sa globalité. D’autres pistes touchent à la refonte de nos politiques éducatives et notamment à notre rapport aux classements internationaux (le classement PISA par exemple). Gaell Mainguy, directeur général adjoint du Learning planet Institute expliquait, dans le cadre du festival “Et Maintenant ?” comment les Etats les plus performants dans les classements internationaux avaient décidé d’arrêter de faire leurs choix en fonction des classements au bénéfice des élèves.
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