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La désinformation en Europe : Comment les démocraties européennes doivent faire face à une forme insidieuse de détournement de la réalité sur les réseaux numériques ?

, par Kylian Rochetin, Les Jeunes Européens - Strasbourg

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L’équipe des Jeunes Européens - Strasbourg vous propose, avec Le Taurillon, des articles inédits extrais du dernier numéro du Grenzenlos, le magazine transfrontalier de la JEF Oberrhein. Une série de quatre articles sur l’information et ces contours dans le bassin rhénan.

« Dans notre monde digital, le risque d’interférence et de manipulation n’a jamais été aussi élevé. Il est temps de mettre nos règles électorales au diapason de l’ère numérique pour protéger la démocratie européenne ». A l’aune d’une actualité sous tension, les propos de Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission européenne, alors à la veille des élections européennes de 2019, conservent encore tout leur sens. A l’approche du prochain suffrage au printemps, la menace de la désinformation ne paraît pas perdre en vigueur. En 2018, la fondation Robert Schuman rapporte que 68% des citoyens européens ont déclaré avoir été confrontés à de fausses nouvelles au moins une fois par semaine. Dès lors, la réglementation des plateformes numériques est au cœur des projets européens pour lutter contre la désinformation. Mais ce combat fait face à de lourds obstacles : les progrès techniques avec l’apparition d’intelligences artificielles de plus en plus sophistiquées, les fortes réticences dont font preuve certaines plateformes, ou encore les attaques ciblées de régimes autoritaires utilisant la désinformation pour menacer les régimes démocratiques européens.

Qu’est-ce que la désinformation ?

Afin de lutter contre la désinformation, les institutions européennes relèvent l’importance de déterminer les contours de la notion de désinformation, puisqu’elle ne doit pas être confondue avec la mésinformation. En effet, ce sont des notions similaires mais dont l’intention de celui qui publie est différente. La désinformation consiste en la divulgation d’une fausse information de manière intentionnelle. Une personne malveillante cherche ainsi à semer le trouble dans l’opinion publique ou souhaite tirer profit de cette publication. La mésinformation est constituée lorsqu’une personne publie une information sans savoir que celle-ci est fausse. Ce cas se retrouve lorsque les utilisateurs des réseaux sociaux réagissent et publient des contenus sans se renseigner préalablement sur la source. Le danger reste le même : la propagation d’une information erronée.

Quels sont les risques entraînés par la désinformation ?

La désinformation est considérée comme une réelle menace pour nos régimes démocratiques. En effet, des études [1] ont démontré que la propagation d’une fausse information va plus vite et profite d’une plus grande portée qu’une vraie information sur les réseaux sociaux. La divulgation en masse de fausses informations a alors pour effet de discréditer les médias.

L’Union européenne doit faire face à des attaques numériques en provenance d’Etats tiers telle que la Russie ou de la Chine dans le but de saper la confiance des Européens dans leur système. La Russie applique notamment la stratégie du Doppelgänger, usant ainsi d’opérations de propagande très sophistiquées en imitant des annonces ministérielles ou des articles de média nationaux. La France mais également l’Allemagne, l’Italie ou le Royaume-Uni ont pu relever la diffusion de contenus factices dans l’objectif de discréditer le soutien des Européens aux Ukrainiens.

L’opacité de l’information complique la possibilité de remise en question des contenus sur les plateformes numériques. En 2018, 68% des citoyens déclarent être confrontés à des informations erronées au moins une fois par semaine, dont 37% affirment les rencontrer quotidiennement. De plus, la moitié des jeunes âgés de 15 à 30 ans estiment qu’il est nécessaire de faire preuve d’un esprit critique pour discerner la fausse information de la réalité, impliquant une analyse approfondie et des compétences spécifiques. Cette nécessité est d’autant plus pressante avec l’avancement de l’intelligence artificielle, qui rend l’information plus crédible à travers des techniques telles que le « deepfake » ou la manipulation de vidéos.

Quelles sont les solutions apportées par l’Union européenne ?

Les mots d’ordres des institutions européennes pour lutter contre la désinformation : collaboration, transparence, éducation, valorisation du journalisme. En 2018, les institutions européennes ont conclu un accord avec les plateformes numériques en vue de mettre en place un code de bonnes pratiques. Il s’agit d’un engagement volontaire de la part des plateformes pour assurer la transparence quant à l’origine des informations, particulièrement en ce qui concerne les publicités politiques. Cet accord vise à protéger les utilisateurs en fermant les faux comptes et en dissuadant la diffusion de fausses informations par le biais de la démonétisation de la désinformation. Ce code comprend 21 engagements, et les plateformes sont tenues de rendre compte annuellement de leurs actions visant à lutter contre la désinformation. Ce processus encourage l’autorégulation en permettant aux utilisateurs de signaler les contenus frauduleux. Plus récemment, Thierry Breton a annoncé que la plateforme X, anciennement Twitter, souhaite renoncer à ces engagements, notamment en raison du nombre croissant d’incidents de désinformation constatés sur ce réseau social. Toutefois, le commissaire européen souligne qu’il existe désormais un cadre législatif contraignant auquel toutes les plateformes sont soumises.

Depuis août 2023, pour les plus grandes plateformes numériques, il a été créé le Digital Service Act (DSA). La politique recherchée est de dire que ce qui est «  illégal hors ligne est illégal en ligne  » [2], incluant la lutte contre la désinformation. Ce texte vise principalement à responsabiliser les plateformes pour que ces dernières mettent en place des actions concrètes contre la désinformation. Ainsi les grandes sociétés du numériques doivent valoriser la vérification des faits en permettant une collaboration entre les utilisateurs et les fact-checkers. Les plateformes ont l’obligation de garantir une transparence en ligne notamment en permettant aux utilisateurs d’effectuer des réclamations et en expliquant la raison de la publication de certaines publicités. Enfin, les entreprises du numérique doivent surveiller et analyser le contenu de manière à réagir efficacement et rapidement pour retirer les contenus frauduleux. Contrairement au code de bonnes conduites, des sanctions sont prévues par le texte, notamment une amende pouvant aller jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial de la société numérique.

Cependant, l’action des plateformes numériques doit s’ajouter à celle des États, qui ont également la responsabilité d’intervenir par le biais de l’éducation pour sensibiliser à la menace de la désinformation. Les États ont pour mission d’assurer que les citoyens possèdent les compétences nécessaires pour évaluer le contenu médiatique et distinguer l’information erronée de la vérité. Il est essentiel que les États favorisent le journalisme en garantissant le pluralisme et la liberté médiatique. L’UE refuse de lutter contre la désinformation au détriment de ses libertés fondamentales, telles que la liberté d’expression ou d’opinion, qui sont cruciales pour le bon fonctionnement d’une société démocratique.
Notes

[1MIT : “Study : False news spreads faster than the truth” / Science : “The spread of true and false news online”

[2Vie publique : « DSA : Le règlement sur les services numériques vise une responsabilité des plateformes »

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