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La réunification allemande et l’impact pour les puissances en Europe

, par Gatien Dalle

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Le Bundestag, Parlement allemand ©FelixMittermeier (Pixabay)

Grande puissance d’Europe continentale à compter de l’unification en 1871, l’Allemagne se retrouva l’objet d’un démembrement interallié en quatre zones d’occupation en 1945. Le pays fut durablement divisé entre une République Fédérale à l’Ouest et une République Démocratique à l’Est. En 1990 toutefois, la réunification (Wiedervereinigung) suscita une anxiété géopolitique directe chez plusieurs voisins tant du fait du lourd passé allemand que des capacités industrielles renouvelées de ce nouveau grand pays. À l’occasion de la commémoration de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, retour sur les tensions autour de cette réunification.

Une révolution géopolitique inattendue

En dépit de l’abolition du régime de Guerre Froide permise par la nouvelle orientation politique de l’Union Soviétique sous Mikhaïl Gorbatchev, les chefs d’État de l’époque ne s’attendaient pas à ce que la réunification allemande fusse si rapide. Déjà, la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989 avait suscité une surprise généralisée, malgré la détente entre Ouest et Est ; toutefois, personne ne s’attendait à ce que la réunion des deux Allemagne ne se fisse en l’espace de quelques mois et ne fusse officialisée si tôt - le 3 octobre 1990. Le principal obstacle à la réunification était, en 1990, la présence dans les territoires de l’ex-RDA (République démocratique allemande) de centaines de milliers de personnels de l’Armée Rouge, commandée depuis Moscou. La renonciation à la doctrine de souveraineté limitée dans les pays du bloc de l’Est, c’est-à-dire l’interdiction faite par l’URSS à ses satellites de s’engager dans la voie d’une révision des principes du communisme soviétique, ainsi que la volonté du nouveau pouvoir soviétique d’opérer un “reset” dans ses relations avec les puissances de l’Ouest participèrent de la facilitation du processus. Ainsi l’accord du 16 juillet 1990 entre Mikhaïl Gorbatchev et Helmut Kohl surprit -une fois encore- la plupart des chancelleries de l’époque : en échange d’une importante contribution financière de douze milliards de Deutsche Mark et de la promesse de limiter à 370 000 hommes les futures forces armées de l’Allemagne unifiée, l’Union Soviétique consentit à opérer le retrait de toutes ses troupes. L’accord ouvrait définitivement la voie à la réunion, qui fut promptement menée avec l’intégration des cinq Länder de l’Est à une République Fédérale d’Allemagne unifiée.

La nouvelle Allemagne et les peurs de l’Europe

La Wiedervereinigung recréait une entité peuplée de plus de quatre-vingt millions d’âmes dotées d’un territoire hautement stratégique car géographiquement situé au cœur du continent ; cette puissance nouvelle possédait le troisième PIB du monde et la première démographie européenne,Russie exclue. Logiquement, un tel bouleversement fit réapparaître des inquiétudes quant à la résurgence de la « question allemande ». A l’Ouest du continent, en France notamment, le pouvoir craignait que la réunification ne bouleversât les équilibres de puissances à la faveur de l’Allemagne. Si la recréation de l’armée de la République Fédérale Allemande s’était effectuée dans le cadre de l’OTAN, la réunification ne pouvait se faire que dans l’esprit de la construction européenne. A l’Est, vers les terres de sang, ces territoires ayant été pris en étau entre les totalitarismes nazi et soviétique,on s’interrogeait sur les projets géopolitiques de cette puissance réunifiée en plein cœur du continent. Ainsi, en Pologne, le gouvernement fit le choix de repousser les négociations visant au retrait de l’Armée Rouge du pays afin de s’assurer du bien-fondé des intentions allemandes… Chose qui fut réalisée par la conclusion d’un traité germano-polonais, le 14 novembre 1990, relatif à « l’intangibilité de la frontière de Potsdam » sur l’Oder-Neisse. A Londres, où la tradition diplomatique était celle d’un équilibre entre puissances européennes, les déclarations de Margaret Thatcher témoignaient des réticences suscitées et affirmaient qu’ « une Allemagne réunie est tout simplement trop grande et trop puissante pour n’être qu’un acteur comme un autre en Europe » (Mémoire de Downing Street). En clair, aucune des quatre puissances chargées de « la question allemande » en 1945 ne s’opposa frontalement à la réunification des “deux Allemagnes”. Pour Washington, la réunion signifiait l’intégration des territoires de RDA dans l’OTAN ; pour Londres et Paris, il convenait de ménager le partenaire allemand et canaliser la réunification en l’intégrant à l’approfondissement de la construction européenne ; l’URSS, enfin, avait renoncé à sa présence militaire en ex-RDA, en échange de quelques garanties et visait plus généralement à établir des relations de coopération avec l’Ouest.

Des fractures toujours présentes

La soudaine recréation d’une Allemagne unifiée avait logiquement suscité des interrogations chez ses voisins les plus directs et même dans un pays comme la France qui avait pourtant fait de la RFA (République fédérale d’Allemagne) un partenaire privilégié de la construction européenne. La nouvelle Allemagne intégrait donc ses nouveaux territoires au sein de l’Alliance Atlantique et signait en 1992, aux côtés de ses partenaires européens, le traité de Maastricht instituant une Union européenne et prévoyant la création d’une monnaie unique. La renaissance allemande ne s’était pas effectuée, comme sous Bismarck, par « le fer et le sang » mais s’inscrivait dans l’esprit nouveau de primauté du droit et de la paix permettant une intégration rapide et non-violente de l’ex-RDA au sein des structures euro-atlantiques. Toutefois des critiques apparurent en 1990, fustigeant « l’annexion » de la RDA par la RFA en raison du fait que l’unification ne s’était pas fondée sur un moment constitutionnaliste entre tous les Allemands mais simplement sur une intégration des Länder de l’Est aux institutions de l’Ouest. La réunification, si rapide fut-elle, laissa pourtant de profondes divisions au sein de cette nouvelle Allemagne. En effet, plus de trente années après l’unification, les fractures de la Guerre Froide ne s’étaient pas totalement résorbées dans le pays -en témoignait la disparité électorale significative entre les territoires de l’ex-RFA et ceux de l’ex-RDA marqués par une percée de la droite radicale de l’AfD (Alternative für Deutschland) à l’Est.

Un changement d’ère (Zeitwende) pour l’Allemagne

Du fait de son lourd XXe siècle et des craintes suscitées au moment de sa réunification, l’Allemagne était toujours considérée comme une puissance avant tout économique -grâce son appareil productif, et normative -du fait de sa prégnance au sein de l’Union européenne. Le « changement d’ère » décrit par le Chancelier Schotz consécutif au réveil de la guerre en Europe au cours de l’an 2022, convainquit l’Allemagne qu’elle devait enfin assumer ses responsabilités politico-militaires en Europe. Trente ans après la Wiedervereinigung, le Zeitwende pourrait encore une fois bouleverser le poids de l’Allemagne dans les affaires de l’Europe et du monde.
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