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Les fragilités de l’Europe : Interview avec des bénévoles du Secours populaire

Sujet rédigé par les étudiants du lycée Chateaubriand de Rennes

, par Lycée Chateaubriand (Rennes)

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Image : Sami Mlouhi / Wikimedia Commons
Les migrants sont d’autant plus vulnérables dans le contexte actuel que connait le monde. Comment pouvons-nous œuvrer, nous Français et Européens, pour aider au mieux ces personnes et pour les intégrer à la vie de la France et de l’Europe ? À Rennes, plusieurs associations s’engagent à participer à leur intégration : c’est le cas du Secours Populaire. Il s’agit d’une association basée sur la solidarité, qui vient en aide aux personnes isolées, en les soutenant moralement, en répondant à leurs besoins (alimentaires, vestimentaires…), et en les accompagnant dans leur démarche sur le long terme (logement, santé, insertion professionnelle). L’antenne du Secours Populaire que nous avons visitée est situé à Rennes Nord, au centre d’un des quartiers les plus populaires de Rennes : Maurepas. Elle a été ouverte le 15 janvier 2020, car le premier site (plus au sud) était saturé, avec plus de 5000 familles inscrites. Nous avons interviewé Martine Loquen et Catherine Tymen, membres de cette association depuis 4 ans.

Une association ancienne

Martine Loquen : Le Secours Populaire est une association qui existe depuis plus de 75 ans. En effet, elle existait déjà pendant la Seconde Guerre mondiale. Des résistants se revendiquant du Secours Populaire ont notamment été déportés à Auschwitz. C’est un mouvement qui existe depuis longtemps, et qui a pour but d’aider les gens, de subvenir à leurs besoins, sans que ce soit de la charité (comme beaucoup d’autres associations), mais de la solidarité. Ces gens vivent des moments difficiles de leur vie : on ne se préoccupe pas de pourquoi ils sont là, mais on les aide. On les dépanne parfois pendant 2 ans, 1 an, parfois juste pour un mois le temps qu’ils trouvent une situation stable.

Les bénéficiaires ont des revenus très variés. Ceux qui n’ont rien du tout, on leur donne sans compter, sans leur demander quoi que ce soit ; ceux qui ont un tout petit revenu, on leur demande une petite participation. Le principe c’est que les gens viennent pour faire leurs courses. On fait un petit entretien au départ pour vérifier leur situation financière, et on calcule leurs revenus par personne par foyer et par jour. Par exemple, pour un colis d’une valeur de 60 € pour 5 personnes, on demande aux bénéficiaires de participer 50 centimes par personne. Mais quelle que soit la participation c’est symbolique. Les gens sont ainsi bénéficiaires, bénévoles, donateurs et acteurs. Peu d’associations fonctionnent de cette façon. Au final (d’après le compte rendu du congrès du Secours Populaire) toutes ces petites participations représentent 17 % du budget de l’association, qui dépasse le million d’euros en Ille-et-Vilaine, ce qui n’est pas rien. S’ils ne peuvent pas donner de l’argent alors ces bénéficiaires peuvent aussi donner de leur temps : certains font du ménage, d’autres vont faire de la distribution alimentaire… Ils donnent donc de leur temps pour aider les autres : c’est ça l’état d’esprit du Secours Populaire, comme le rappelle notre devise « Tout ce qui est humain est nôtre », le principe de base. Aujourd’hui, il y a 900 bénévoles dont un secrétaire général, et quatre salariés : un directeur, un gestionnaire, une responsable des bénévoles, et une responsable de la fédération d’Ille-et-Vilaine de développement et fonctionnement des comités du Secours Populaire (comme St Malo par exemple), indépendants financièrement. Chaque bénévole peut aussi apporter ses idées.

Les étudiants de Rennes : Quels sont souvent les plus grands besoins des personnes ?

ML : 98 % des demandes sont des aides alimentaires. Mais on vend aussi des vêtements, de l’électroménager. On propose de l’aide pour les devoirs, on organise des cours de français, des vacances pour les seniors etc…

Avec l’arrivée de la crise sanitaire, vos activités de ravitaillement ont-elles été beaucoup perturbées ? Comment avez-vous procédé ?

ML : Avec cette crise, on s’est retrouvé avec des gens qu’on n’avait pas vu depuis 5, 6 ans ou 2,3 ans, qui venaient tout juste de sortir la tête de l’eau. Ils faisaient quelques heures par-ci quelques heures par-là, et n’avaient plus besoin de notre aide… KT : 45% des gens accueillis pendant la période du confinement étaient des nouveaux accueillis, des gens encore jamais venus. La situation des étudiants est notamment terrible, 86% d’entre eux ne font pas trois repas par jour. ML : Il a ainsi fallu répondre à toutes ces nouvelles demandes. Au départ, on avait tout un système de bénévoles. Les gens venaient faire leurs courses (dans le magasin du Secours Populaire), repartaient avec leur caddie, on comptait leurs points et c’était bon. Mais pendant la crise on s’est dit qu’il fallait faire autre chose. En une semaine on a dû organiser des nouvelles distributions de colis alimentaires, en s’aidant des informations sur les familles qu’on avait déjà (nombre d’enfants, ressources de la famille...). On a rajouté (aux produits de base qu’on donnait habituellement) des objets comme des doudous, livres, jeux de société pour occuper les enfants. On a essayé d’agrémenter les choses pour que les gens puissent vivre mieux tout en restant chez eux. Maintenant, quand les colis sont prêts, on appelle les bénéficiaires, ils viennent les chercher et on les adapte en fonction de leurs besoins (régimes spéciaux par exemple).

Pendant le confinement, comme les déplacements étaient fortement limités, êtes-vous allés directement chez les gens ?

KT : On a fait des livraisons, mais comme on était peu nombreux, on a très vite instauré un système, où les bénéficiaires viennent chercher les colis sur place. On allait quand même parfois chercher les gens chez eux comme ils n’osaient pas se déplacer. ML : Les gens qu’on continue à livrer sont ceux qui ne peuvent absolument pas bouger : des personnes handicapées, des personnes très âgées… Parfois, ces personnes trouvent des solutions et des proches viennent chercher leurs colis sur le site.

Travaillez-vous avec d’autres associations comme la Croix rouge ? Avez-vous des liens avec eux ?

ML : Les autres associations n’ont pas le même objectif. La Croix Rouge a son propre registre. Elle s’adresse plutôt aux personnes étrangères, aux migrants… Nous on s’adresse à tous, les migrants y compris. Mais lorsqu’on n’a pas assez, on dit parfois aux gens d’aller voir en plus d’autres associations : Les Restos du Coeur, La Croix Rouge… Les migrants ont, parfois, seulement 60 € par mois pour vivre. La plupart sont hébergés chez la famille, les amis surtout dans ce quartier (de Maurepas). Et heureusement que certains trouvent des hébergements, car les autres sont réduits à vivre dans des hôtels “Formule 1”, des auberges de jeunesse, des squats, ou quelques fois dehors. Des gens habitent sous des tentes.

Le cas des migrants : barrière de la langue, scolarisation difficile des enfants...

Y a-t-il des logements qui sont mis à leur disposition ? Y a-t-il des personnes qui accueillent des migrants chez eux ?

ML : En théorie, par le 115, mais ils ne peuvent pas loger tout le monde. Oui des personnes accueillent des migrants. Mais au Secours Populaire on ne s’occupe pas de l’hébergement. Il y a des associations dédiées à ça, c’est le cas de l’association “Un toit c’est un droit”. On ne peut pas tout faire. Quand on est bénévole on se spécialise. KT : Avec la pandémie, dès le mardi soir, plus personne ne pouvait rentrer, plus personne ne pouvait sortir.

Comment faites-vous quand les personnes ne parlent pas français ?

ML : Ça c’est un problème un peu grave. On a quelques bénévoles, qui parlent étranger parfois russe. Nous on parle anglais… KT : On arrive à se débrouiller, on prend le temps. Parfois les personnes écrivent. Avec de la bonne volonté, on arrive toujours à se comprendre. L’autre fois un monsieur nous a passé sa femme au téléphone, qui, elle, parlait français. On trouve des moyens…

Si jamais des migrants arrivent avec des enfants, comment ça se passe pour la scolarisation, vous occupez-vous de cela ?

ML : A priori les enfants sont scolarisés obligatoirement. Ils sont répartis dans plusieurs écoles. Dans ce quartier-ci, il y a particulièrement beaucoup d’enfants de migrants. À un moment donné, le collège des Gayeulles et l’école élémentaire de Trégain étaient saturés. Les derniers arrivés ont été répartis en septembre et octobre, par l’académie. Certains ont dû aller à l’école de L’ille, d’autres à l’école Joseph Lotte. Ce qui est un problème quand même, car il faut prendre le bus pour aller à l’école, les parents doivent accompagner les enfants et aller les chercher. Normalement à cette période de fin d’année, les enfants étaient tous scolarisés. Nous avons un fonctionnement un peu différent des autres associations. Souvent les accompagnements scolaires se font en groupes, tandis que nous, nous allons dans les familles. On suit un ou deux enfants dans la famille et on les aide une ou deux fois par semaine, mais l’accompagnement se fait chez eux. Une fois qu’on commence l’accompagnement chez eux, on rentre dans le domaine de la famille, donc on rentre dans des relations très humaines. Quand tout se passe bien, on établit une vraie relation. C’est extrêmement intéressant pour les familles de ne pas se sentir abandonnées surtout quand elles ne parlent pas très bien français. Souvent le désir des gens qui viennent de l’étranger c’est que leurs enfants réussissent ! Les familles savent très bien qu’elles sont incompétentes pour l’aide scolaire, mais aussi par rapport aux demandes des enseignants. Elles ont souvent des difficultés à aller voir les enseignants. Nous ce qu’on fait c’est qu’on leur demande si elles souhaitent qu’on les accompagne pour les aider.

Pendant le confinement vos activités d’accompagnement scolaire fonctionnaient-elles encore ?

ML : Il y a beaucoup de gens qui ont continué les accompagnements par Skype, par téléphone. Mais les familles qui ont de gros problèmes financiers n’ont pas d’accès à internet ou même au téléphone. Les enfants n’ont pas leur propre ordinateur portable… Nous nous sommes donc mobilisés et nous avons demandé à l’inspection académique et au rectorat de fournir des ordinateurs portables. Il a fallu un mois pour que ça arrive mais c’est arrivé ! 100 ordinateurs ont été fournis pour les enfants du Secours Populaire et pour ceux d’autres associations. L’avantage est que, sur un quartier comme Maurepas, qui est considéré comme un prioritaire, la mairie de quartier est un acteur très important : elle fait la coordination entre toutes les équipes et associations qui pratiquent l’accompagnement scolaire avec les familles. On a donc eu des réunions en ligne et on a fait un recensement des besoins avec les directeurs des écoles, les directeurs des collèges... On a tout de même constaté qu’il y avait une perte de 27% d’élèves : ils se sont retrouvés dans un décrochage scolaire complet. Ce qui nous inquiète le plus ce sont les enfants de 14-15 ans, livrés dans la nature pendant trois mois et qui le seront encore jusqu’à septembre. Pour les retrouver à la rentrée après six mois d’absence ça va être compliqué, très compliqué… Certains ont dérivé, il y avait de l’argent facile à gagner…

Cela vous arrive-t-il souvent de voir des jeunes qui ne viennent plus chercher de l’aide au Secours Populaire, parce qu’ils ont plongé dans l’argent facile ?

ML : Non pas souvent, nous ne pouvons pas dire ça. Le système des familles que nous avons ici, que ce soit des migrants ou non, est très structuré. Il y a beaucoup d’entraide, de solidarité et quelque fois nous-mêmes nous les trouvons sévères. Mais il y a toujours des gens qui échappent à la règle. Nous avons plusieurs dealers ici, mais par rapport au nombre de familles qu’il y a tout autour, ce n’est rien. La grande majorité des familles tient à l’éducation de ses enfants, à leur réussite. Le gros problème de Maurepas c’est qu’il y a un “turnover” permanent. Ce quartier a une certaine étiquette, donc les CV des personnes habitant Maurepas vont souvent droit dans la poubelle. Il ne faut pas être naïf, dès que la situation des familles s’améliore, elles déménagent. Les logements ne sont pas longtemps vides, car aussitôt vidés il y a de nouveaux arrivants qui sont aussi en situation de détresse.

Si on voit une famille de migrants dans la rue, trouvez-vous qu’il s’agit d’une bonne initiative d’aller les voir, de leur parler ? Ou bien, est-t-il mieux de passer par une association ?

ML : Non, c’est une bonne idée, il faut aller leur dire bonjour. Nous même, nous ne sommes pas à l’abri de la guerre. Il ne faut pas oublier qu’on a été migrants en France en 1940. La moitié de la population s’est déplacée du Nord vers le Sud. On a tous été sur la route. Mais il y a aussi beaucoup de personnes seules (sans famille), c’est d’ailleurs très difficile pour elles, car les premières personnes qui vont être relogées par les services publics (ce qui est normal) sont les familles avec enfants.

En général allez-vous à la rencontre des gens ? Ou est-ce l’inverse, les personnes viennent à vous ?

ML : Il y a des deux, mais le bouche à oreille marche très très bien. Par exemple, on a ouvert le 15 janvier sans aucune publicité (pas d’article dans le journal, pas d’affiches…), et pourtant le 6 mars il y avait déjà 86 familles. KT : Depuis on est entre 300 et 350 familles et c’est amené à augmenter. On s’attend à voir plus de 400 familles. Parfois, ce sont des familles de 7, 8 personnes.

Avez-vous souvent des problèmes avec les jeunes du quartier ?

KT : Non, c’est arrivé une fois avec une bande nouvelle beaucoup plus âgée, qui n’est pas du quartier. Ceux d’ici nous aident souvent à porter le pain, à déplacer les meubles… On a vu arriver cette nouvelle bande beaucoup plus agressive et manifestement, on gênait leur business. ML : Nous n’avons pas à porter de jugements sur eux, le non-jugement c’est le fondamental dans les valeurs du Secours Populaire.

Êtes-vous êtes en manque de bénévoles ? ML : Au contraire au départ nous étions trop nombreux. Quand on s’est vraiment mis à fonctionner on a été obligé d’établir un calendrier, de faire des planning et de limiter les venus de bénévoles à une fois par semaine, parce que sinon tout le monde ne pouvait pas venir et participer. Alors là évidemment (avec la crise sanitaire) ça s’est rétréci tout d’un coup et à partir de la semaine prochaine nous remettons en place le planning parce que là ça y est les gens reviennent. Maintenant il va falloir maintenir ça dans la durée. Le problème c’est que cette crise-là n’est pas ponctuelle, ça va durer un certain temps. En 2008, il a fallu un certain nombre d’années pour qu’elle soit jugulée du point de vue du travail, et là ça va être dix fois pire...

Comme vous rencontrez beaucoup de migrants, pensez-vous que leur venue peut apporter quelque chose de positif à la ville de Rennes ?

KT : De toute façon, nous, notre principe, c’est d’accueillir tout le monde. Après, chaque pays a sa richesse. C’est vrai que les migrants qui arrivent en France ont une histoire personnelle extrêmement difficile. Les frontières c’est compliqué, et on a des situations horribles, atroces. La France a toujours été, quoique, a peut-être tendance à le devenir moins, un pays d’accueil et c’est ça qui fait sa richesse. Il y a des affluences partout. Historiquement parlant, on est tous mélangés. Et puis c’est important pour ces personnes, surtout pour leurs enfants. S’ils viennent ici c’est pour eux certes, mais c’est aussi pour donner à leurs enfants des jours plus beaux, et au moins avoir de l’espoir. Si chaque commune accueillait 10 migrants, ce qui n’est pas du tout fait, ça serait très bien, ça serait tout à fait possible. C’est rien 10 personnes dans une commune.

Y a-t-il à Rennes beaucoup de migrants par rapport aux autres villes de France ?

ML : Pas plus que ça. Je ne pense pas qu’il y a un nombre si considérable de migrants à Rennes. Il y en a beaucoup plus du côté de Marseille, aussi vers les frontières avec l’Allemagne (l’Alsace), vers les frontières avec l’Angleterre (le Nord-pas-de-Calais). Mais à Rennes il n’y en a pas plus que ça, parce que la politique de Rennes n’est pas si accueillante que ça, bien qu’elle voudrait en donner l’image.

Une institution aidée par l’Union européenne

À la fin de l’interview nous avons visité le local du Secours Populaire, afin de mieux en comprendre le fonctionnement. L’Union Européenne aide en partie le Secours Populaire et les autres associations avec ce que l’on appelle les FEAD (Fonds Européens d’Aide aux plus démunis). L’UE donne des crédits aux associations caritatives en fonction du nombre de personnes accueillies. Par exemple, s’il y a 15 000 familles inscrites, l’UE donne des denrées pour 15 000 familles (en revanche elle ne donne pas d’argent). Nous avons pu observer le type de denrées, qui sont des produits de base, nécessaires tels que le café, le savon, les pâtes… Le Secours Populaire effectue également des collectes, une à deux fois par semaine, achète et reçoit des dons, souvent les produits non-vendus de commerçants (Supermarchés, boulangeries…), afin d’agrandir les réserves. Pour valoriser les collectes, chaque caisse de denrées et de produits est pesée. Chaque kilogramme de nourritures représente 2,90 euros. Ces denrées sont ensuite disposées sur les étalages du “magasin”. Au Secours Populaire, tout le monde est acteur. Chaque personne reçoit un nombre de points en fonction de sa situation et peut aller faire ses “achats”. Ainsi, les produits n’ont pas un “prix en euros” mais un “prix en points”. Une charte est également suivie pour la confection de colis, afin de répondre aux besoins de tout le monde. Martine Loquen a fini par nous parler d’artistes ayant concentré leurs œuvres sur les habitants de Maurepas. Parmi eux, le poète Yvon Le Men a interviewé et partagé la vie des habitants de Maurepas. Il était logé sur place pendant plusieurs mois. Son recueil “Les rumeurs de Babel” a été porté à l’écran (un film réalisé par Brigitte Chevet). Article de Ariane ROBIN, Chloé LOUESSARD, Lila PANIZZA, Bleuenn GUILLOUARD 1ère 3, Lycée Chateaubriand
Site du Secours populaire :
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