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Nikos Christodoulídis au Parlement européen : « une Europe forte, c’est une Chypre forte »

, par Paul Brachet

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Nikos Christodoulídis, président de la République de Chypre était le 13 juin 2023 au Parlement européen à Strasbourg. Crédit : Parlement européen
Ce mardi 13 juin, le Président chypriote nouvellement élu Nikos Christodoulídis est venu exprimer sa vision de l’Europe et des défis auxquels elle fait face, devant le Parlement européen à Strasbourg. Une vision politique venue d’un État membre, Chypre, qui synthétise à lui seul les défis actuels de l’Union européenne : énergie, environnement, immigration, guerre, souveraineté.

Chypre, une île synthèse des défis de l’Union

La session a été inaugurée par la présidente du Parlement européen Roberta Metsola qui, avant d’introduire la personne du Président de la République de Chypre, s’est permise de rappeler la volonté pour le Parlement de voir l’île de Chypre réunifiée sous les auspices onusiens. Si la division de l’île est prépondérante dans la relation de l’Europe avec Chypre, la petite république ne peut se résumer à cela. C’est d’ailleurs un tout autre tableau qui a dominé dans le discours de Nikos Christodoulídis. Le Président chypriote a ainsi décrit son pays comme aux confluences des défis auxquels fait face l’Union européenne (UE).

Nikos Christodoulídis a rappelé les volontés de l’île de « jouer un rôle clé » dans les livraisons énergétiques vers le reste de l’Europe. Alors que l’île possède de grandes ressources gazières, prouvées comme supposées, Chypre affiche ses ambitions de devenir un « couloir énergétique » par son intégration régionale en la matière, notamment par les partenariats avec ses voisins israélien, égyptien et grec. À l’image des autres pays euro-méditerranéens (Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal), Chypre souhaite devenir un pont entre les producteurs d’énergie et les consommateurs européens « De gaz et de pétrole, mais pas que » a précisé le Président. En effet, pour Nikos Christodoulídis, Chypre doit être à l’avant-garde de l’approvisionnement énergétique de tous types : gazière, pétrolière, mais également solaire et hydrogène.

Le Président de la République de Chypre a continué à égrainer les défis de l’UE en les rapportant à la situation nationale de son pays. Il a ainsi insisté sur le rôle de Nicosie dans le soutien humanitaire à l’Ukraine et à ses ressortissants devenus réfugiés, et sur le soutien chypriote à la reconnaissance par le droit international des frontières des États. Sur ce point, l’intervenant a établi un parallèle entre la violation des frontières et l’occupation des territoires ukrainiens par la Russie et l’invasion de l’île et l’occupation de sa partie septentrionale par les troupes turques depuis 1974.

Un discours entre volontarisme et atonie

Pour faire face à ces défis, autant chypriotes qu’européens, Nikos Christodoulídis n’hésite pas à user de mots tranchants et porteurs de volontarisme : fédéralisme, autonomie, puissance.

Le Président a en effet assumé une position « en faveur d’une Europe fédérale ». Un fédéralisme qui viendrait renforcer le « modèle de prospérité » qu’est l’Europe et qui lui permettrait de devenir une « vrai protagoniste [sur la scène internationale, assumant] sa puissance, défendant ses intérêts collectifs ». N. Christodoulídis justifie sa position par la "demande adressée par les citoyens lors de la Conférence sur l’avenir de l’Europe« . Une position également nécessaire au regard du contexte international qui pousse, pour le Président, à définir et à mettre en place une »autonomie stratégique" européenne, reprenant par là même le concept défendu par le président français Emmanuel Macron.

Car en effet, si Chypre utilise des mots forts et volontaristes, le fond du discours est quant à lui atone. Alors que les mots et les concepts utilisés appellent à de grands changements, l’intervenant soutient une avancée « pas à pas » et une approche plus technocratique. Des « pas » qui ne doivent pas, pour le Président, rompre « l’égalité et la souveraineté des États membres ». Il se pose ainsi en défenseur des « petits États » de l’UE qui considèrent comme une possible menace les volontés de réformes institutionnelles de l’Union, notamment celles de la part des grands États comme la France ou l’Allemagne.

Des propos et une méthode venant assombrir un discours aux accents forts et volontaires sur la forme, mais plus suiveurs et discrets sur le fond.

La division de l’île, un éléphant encombrant

Toutefois, le discours sur la vision de l’Europe du Président chypriote Christodoulídis a été éclipsé par la situation inédite de Chypre : l’occupation et la division d’une partie du pays. Depuis l’invasion du Nord de l’île en 1974 par les troupes turques suite à une coup d’État visant à rattacher Chypre à la Grèce, l’île et la capitale, Nicosie sont divisées. Si l’ONU a réussi à imposer un cessez-le-feu et une ligne de démarcation, aucun plan onusien n’a réussi à réunifier l’île et à réinstaurer la paix. Depuis, la résolution du conflit est au cœur des débats euro-chypriotes, et est un lieu commun des campagnes électorales à Chypre.

L’intervention de Nikos Christodoulídis et les débats qui ont suivi n’ont pas dérogé à cette règle. Le Président chypriote a ainsi exprimé son plus fort soutien à une résolution pacifique du conflit par la réunification de Chypre. Il souhaite mettre le processus de résolution au « coeur de [sa] présidence », en « changeant d’approche ». Cette « nouvelle approche » verrait une « implication de l’Union européenne plus forte, en complémentarité des implications onusiennes et chypriotes ». Une proposition saluée par l’ensemble des forces politiques chypriotes représentées au Parlement européen comme en témoignent les applaudissements et les poignées de mains entre Loucas Fourlas (PPE, droite), Niyazi Kizilyürek (The Left, gauche radicale) et Nikos Christodoulídis.

Ce consensus se heurte seulement à la question d’un « émissaire européen sur la question chypriote », une proposition du Président. Alors que ce dernier y voit une occasion d’impliquer plus directement l’Union, l’opposition, par la voie de Giorgio Georgiou (The Left, gauche radicale) y voit surtout un désir « irréaliste » qui viendrait complexifier le dialogue sur la question chypriote.

Si l’intervention de Nikos Christodoulídis n’a pas permis d’esquisser le futur de l’Europe, elle a néanmoins permis de rappeler au Parlement européen qu’une autre occupation illégale d’un État se déroule en Europe, directement sur le territoire de l’Union européenne.
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