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Sarah Traccucci : “N’ayez pas peur, partez, voyagez, dépassez les frontières !”

, par Samuel Touron, Sarah Traccucci

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Sarah Traccucci en pleine opération au Armadale Reptile Center de Perth, Australie.
Le Taurillon est allé à la rencontre de Sarah Traccucci, interne dans une clinique vétérinaire de la région montpelliéraine. Son parcours, original et marqué par la mobilité, témoigne que l’ouverture à l’autre, la prise de risque et l’international sont autant d’atouts pour réussir, s’épanouir et accomplir ses rêves ! De Béziers à l’Australie en passant par Montpellier, Sarah Traccucci s’attarde sur les raisons de son départ, son expérience à l’étranger, ses découvertes et ses désillusions et délivre un message à la jeunesse européenne : “N’ayez pas peur, partez, voyagez, dépassez les frontières !”

Le Taurillon : Quel a été ton parcours avant ton départ pour l’Australie ?

Sarah Traccucci : Je suis originaire de Magalas, près de Béziers, jusqu’à la fin du collège, j’ai fait mes études dans ces deux villes. Puis, j’ai fait le choix de m’inscrire en classe de Seconde, en qualité d’interne, au lycée Jean Mermoz à Montpellier car celui-ci proposait un grand nombre d’options scientifiques. À l’époque je voulais travailler en laboratoire, j’ai donc présenté deux Baccalauréats, le premier général en scientifique (S) et le second technologique en sciences et techniques de laboratoire (STL). Logiquement, dès l’obtention du Baccalauréat, je me suis inscrite en licence de biologie à l’Université Montpellier II. Je n’ai pas beaucoup accroché avec le programme en fac de biologie que je trouvais beaucoup trop théorique, on n’entrait jamais dans la pratique. J’avais envie de faire du concret et lorsque j’ai vu que le programme en biologie en début de troisième année restait théorique, j’ai pris la décision d’arrêter.

Le Taurillon : Comment t’es venue l’idée de partir en Australie ?

ST : J’étais passionnée par l’Australie depuis longtemps, je crois que j’en parle depuis la fin du primaire ou le début du collège. Je ne sais pas trop l’expliquer mais j’ai toujours été fascinée par ce pays. Alors, après deux années d’enseignements théoriques, j’ai décidé de réaliser mon rêve et de partir poursuivre mes études en Australie. J’avais besoin de changement. À l’origine, je souhaitais continuer à étudier la biologie mais il est très difficile d’intégrer une faculté de biologie australienne. Surtout, il me fallait repartir à zéro car il n’y avait aucune équivalence, c’est là qu’on voit l’importance du système de crédits universitaires européens ! C’est donc ma deuxième passion, celle pour les animaux et la faune sauvage qui l’a emporté. Quel meilleur terrain d’études que l’Australie pour étudier dans ce domaine ? Deux écoles vétérinaires, l’une à Perth, l’autre à Brisbane ont accepté de me faire rentrer directement en troisième année. Mon choix s’est porté sur Perth et j’ai pu faire ma rentrée en troisième année à la Murdoch University en école vétérinaire !

LT : Entrer en école vétérinaire en France aurait sans doute été beaucoup plus difficile…

ST : Oui ! Entrer en école vétérinaire en France c’est la croix et la bannière... Il y a trop peu d’écoles et celles-ci mènent exclusivement au métier de vétérinaire, alors qu’il y a pléthore de métiers entre aide-vétérinaire et vétérinaire. L’absence de paliers dans les études vétérinaires en France est un véritable problème. En Australie, après quatre années d’études on est considéré “tech-vet” (technicien-vétérinaire NDLR) ce qui permet de travailler dans une clinique pour réaliser des opérations courantes et des soins sans pour autant être vétérinaire. En France, ce poste n’existe quasiment pas. Ce qui me choque surtout c’est le manque de sécurité dans les études de santé en France de manière générale. Il y a un vrai manque d’harmonisation entre pays européens et avec l’international. Il est impossible de redoubler durant ses études de vétérinaire en France alors qu’il est tout à fait possible de redoubler et que le système de paliers existe dans les études vétérinaires en Espagne ou en Roumanie par exemple. La plupart des personnes que je connais qui voulaient faire vétérinaire sont parties le faire en Espagne. Quand on habite en Occitanie, Gérone ou Barcelone c’est à côté, alors pourquoi faire des études plus difficiles en France pour exercer à terme un même métier ? Il y a un besoin urgent d’harmonisation au sein de l’UE pour que ceux qui ont passé leur diplôme dans un État membre puissent exercer en France et que les études de vétérinaire en France ne soient plus aussi sélectives. Cela ne fait aucun sens, les animaux ne sont pas mieux soignés en France qu’en Espagne et vice-versa : le système français est juste d’un autre âge.

LT : Comment se passent l’enseignement et la vie étudiante en Australie ? Quelles ont été les différences avec tes études en France ?

ST : Ce qui m’a marqué c’est la bienveillance et la gentillesse des professeurs qui sont très amicaux, il n’y a pas cette distance et ce lien d’autorité qui existe en France. La pédagogie est aussi très différente de ce qui se pratique chez nous. Il n’y a pas de notes ni de partiels ni de mise en concurrence entre étudiants et ne leur parlez pas de concours, ils ne connaissent pas. Nous avons énormément de devoirs durant l’année que nous devons rendre trois à cinq fois par semestre et pour lesquels il faut obtenir à la fin de l’année un taux de réussite de 100%. C’est-à-dire rendre l’ensemble des devoirs sans fautes. Lorsqu’on rend les devoirs la première fois, on obtient un certain pourcentage qui détermine le chemin qu’il reste à parcourir sur le semestre pour obtenir 100%. C’est à nous de refaire, de nous auto-corriger, d’aller chercher comment améliorer son devoir avec l’aide des professeurs pour rendre le dernier devoir avec un taux de réussite de 100%. C’est exigeant mais beaucoup plus pédagogique et bien moins stressant. On a le sentiment d’apprendre en permanence et pas seulement de manière intense quelques semaines avant les partiels. La place consacrée à la pratique est aussi beaucoup plus importante qu’en France. J’ai pu réaliser deux apprentissages durant mes études : l’un dans une clinique vétérinaire classique et l’autre au Armadale Reptile Center où nous recueillons notamment des crocodiles, mais aussi toutes sortes de reptiles et de petits mammifères qui étaient blessés et qu’il fallait soigner pour les réinsérer dans la réserve. C’était une expérience incroyable même si j’ai été mordu par un varan, un kangourou et également un serpent !

LT : Les études sont chères en Australie et le coût de la vie élevé, comment as-tu fait pour financer tes études ?

ST : En Australie toutes les études sont payantes de la maternelle à la fin de l’université. Ne pas payer sa scolarité et ne presque rien payer durant ses études est un privilège dont on ne se rend pas compte en France. D’autant plus qu’en Australie les frais d’inscriptions sont deux fois plus élevés pour les étudiants étrangers que pour les nationaux. Ils considèrent cela comme normal du fait que nous ne payons pas d’impôts en Australie. Pour financer ses études, il y a donc énormément de bourses privées que les Australiens s’arrachent. Mais il y a aussi les bourses européennes notamment Erasmus + la plupart des étudiants européens en bénéficient ce qui fait que leur contingent est nombreux. Me concernant, le financement a été très dur car je ne suis pas venue en Australie en Erasmus mais toute seule. J’avais un très bon dossier qui m’a permis d’entrer directement en troisième année mais je n’ai pas candidaté à une bourse privée car administrativement c’était lourd et j’ai une certaine phobie administrative. J’ai donc demandé un prêt pour financer l’ensemble de mes études et de mes dépenses journalières sur place. J’avais tout calculé et au final tout est rentré dans le prêt que j’ai contracté. Ce qui a été difficile c’est l’obtention du prêt, les banques françaises étaient peu enclines à me prêter de l’argent étant donné que je n’avais pas prévu de rentrer en France après mes études. Aujourd’hui je me retrouve avec un crédit important à rembourser, mais sans ce financement je n’aurais pas pu mener à bien mes études et exercer le métier qui est le mien aujourd’hui. Il faut aussi briser une idée reçue : l’Australie n’est pas un pays où le coût de la vie est beaucoup plus élevé qu’en France. C’est vrai pour Sydney mais le reste de l’île-continent a un niveau de vie similaire à la France, le coût de la vie y est donc quasiment le même.

LT : Quel rapport les Australiens ont-ils à l’Europe ?

ST : Les Australiens ont une bonne image de l’Europe, ils sont très pro-européens et aiment beaucoup tout ce qui touche à l’Europe. Leur identité explique sans doute ce rapport positif à l’Europe. Ils sont également assez francophiles, notamment à Perth. Les Français ont cependant une mauvaise image à Sydney du fait notamment des "backpackers" français, très nombreux en Australie et à Sydney. Beaucoup d’entre eux ne se rendent pas compte que le coût de la vie y est élevé, voire très élevé comme à Sydney justement, pour mener à bien leur périple certains d’entre eux commettent des vols de nourriture ou de vêtements qui sont très mal vus en Australie. En effet, en France on a plutôt comme culture de “contourner les règles” tandis qu’en Australie c’est l’inverse, respecter les règles est très important, il y a une confiance très forte dans l’autre qui se traduit par une absence d’anti-vols dans les magasins par exemple donc quand des personnes contournent les règles c’est très mal perçu. Dans l’ensemble cependant, les Français ont une bonne image et les Européens également !

LT : Où en es-tu aujourd’hui de ton projet professionnel ? Quel est ton objectif ?

Je suis interne dans une clinique vétérinaire de Lattes, à côté de Montpellier, ça me change beaucoup de la faune sauvage australienne. Il me reste un an d’études avant d’obtenir mon diplôme de vétérinaire. Malheureusement, le Covid-19 m’a contrainte à rentrer en France suspendant de fait mes études et donc l’obtention de mon diplôme. Mon retour en France a été difficile car il n’y a pas d’équivalences entre le système universitaire australien et le système universitaire européen pour ceux qui partent hors-Erasmus. Mon école nous a cependant édité des attestations de réussite qui sont implicitement reconnues en France du fait de la qualité reconnue du système universitaire australien. Cette attestation est une sécurité supplémentaire et me permet de travailler avec un véritable statut dans la clinique vétérinaire. Mon objectif à court-terme est de retourner en Australie pour terminer mes études et enfin obtenir mon diplôme. La mise en place du certificat sanitaire européen devrait permettre de retrouver une mobilité quasi-normale avec l’Australie. À long-terme, je souhaite m’installer définitivement en Australie car mon rêve est de devenir vétérinaire spécialisée en faune sauvage, une spécialisation peu reconnue en France même si récemment la mairie de Lattes m’a contactée pour m’occuper des tortues de Floride sur le territoire de la commune. J’ai également déposé une candidature pour travailler avec le parc australien de Carcassonne. Des opportunités existent aussi en France et en Europe, qui sait ce que réserve l’avenir !
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