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Ukraine : la bataille des opinions

, par Gatien Dalle

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Rue principale de Boutcha, après l’invasion russe ©WikimediaCommons

Alors que la Russie reprend l’initiative militaire sur le front, certaines dissensions politiques se font jour à la tête de l’Ukraine après l’échec de son offensive estivale. Dans ce contexte et alors que Kyiv demeure très largement tributaire du soutien occidental dans son combat de libération territoriale, la bataille des opinions pourrait déterminer l’issue de la guerre.

Un conflit asymétrique ?

Alors que Russie et Ukraine sont engagées dans la plus grande confrontation armée sur le continent européen depuis 1945, la stabilisation de la ligne de contact depuis les contre-offensives ukrainiennes de l’été 2022 suggère une nature symétrique de cette guerre. Pourtant, en dépit des apparences, ce conflit peut être considéré comme doublement asymétrique. D’une part, les enjeux ne sont pas les mêmes : si pour Moscou, les buts de guerre sont le rattachement des territoires russophones ainsi que la prévention du rapprochement euro-atlantique de l’Ukraine, Kyiv joue sa survie en tant qu’État pleinement indépendant. La deuxième asymétrie concerne les moyens de soutenir une guerre de haute intensité sur la durée : la Russie possède l’une des plus importantes industries du monde et des pays comme l’Iran et Corée du Nord, qui constituent sa profondeur stratégique, lui livrent drones, munitions et obus. L’Ukraine, quant à elle, après bientôt deux années de guerre, dépend toujours quasi-entièrement du soutien occidental -et en particulier américain-. Dès lors, la bataille des opinions, dans cette guerre à bien des égards asymétrique, pourrait s’avérer

L’érosion du soutien à l’Ukraine

Une étude du Kiel Institute parue ces derniers jours montre une baisse de l’ordre de 90% de l’aide militaire à destination de l’Ukraine par rapport à il y a un an. Dans le même temps, au cours de la semaine passée, le Président américain Joe Biden a échoué à obtenir du Congrès une nouvelle salve d’aides à l’Ukraine tout en alertant sur l’hypothèse d’un conflit armé direct entre soldats américains et russes. Dans la même perspective, la victoire de Robert Fico aux élections slovaques marque le basculement d’un État de l’Union Européenne dans le camp de l’opposition à toute aide militaire aux forces armées ukrainiennes. En outre, la grande portée médiatique du renouveau du conflit israélo-palestinien contribue à marginaliser la « question ukrainienne » au sein des débats des démocraties occidentales. En outre, la Russie mène d’intenses campagnes d’influence ainsi qu’une diplomatie publique directe à destination des citoyens occidentaux afin de disséminer l’idée qu’un soutien à l’Ukraine serait risqué, trop onéreux et stérile. Pour l’Ukraine, qui fait reposer son effort de guerre sur le soutien de l’Ouest, la tendance engagée ces derniers mois constitue une défaite stratégique alors même que la résistance russe à l’offensive ukrainienne estivale a démontré la nécessité d’une montée en puissance en vue de l’objectif revendiqué par le gouvernement de reconquête des frontières de 1991.

La nécessité de réagir

Le renoncement latent des États occidentaux à un soutien puissant à la guerre défensive menée par l’Ukraine expose le Continent européen à des menaces plus importantes encore. En effet, la Russie finira la guerre d’Ukraine avec un territoire intact, une économie réorientée vers le versant oriental de la mondialisation (pôle de croissance Inde-Chine) et une industrie de défense encore plus puissante qu’avant le déclenchement de « l’opération militaire spéciale ». Ces éléments montrent également que les sanctions économiques et financières que nous voudrions entreprendre à l’avenir à l’encontre de la Russie seront bien moins contraignantes. Dans cette perspective, que l’Europe laisse la Russie remodeler par la force la carte de l’Ukraine serait un suicide. Cela ouvrirait en effet la perspective d’autres opérations militaires spéciales demain en Moldavie, après-demain en Géorgie et peut-être un jour dans les pays baltes. Et que pourront faire les États de l’Union Européenne, sans investissements structurels dans leurs industries militaires, si l’Amérique demain devait faire face simultanément à d’autres crises en Amérique du Sud (annexion du Guyana), au Proche et Moyen Orient (nucléaire Iranien, conflit israélo-palestinien) ou en Indo-Pacifique (activisme chinois) ? La question doit se poser très sérieusement alors que l’idée d’une victoire russe en Ukraine (plus dans les mêmes dimensions que celles prévues le 24 février 2022, certes) devient une hypothèse raisonnable.

Au-delà de la bataille des opinions

En dépit de l’érosion du soutien des opinions américaine et européenne à l’Ukraine, l’Europe ne doit pas se tromper : le coût à court terme d’une aide à l’Ukraine sera toujours et nettement moindre que celui d’une victoire russe qui ébranlerait l’ordre des Nations Unies.
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